Jardin d’Albert Kahn (92) Du métro à Kyoto en quelques pas

« Ma nature a de grandes affinités avec la sensibilité des Japonais… » Albert Kahn

Après quelques minutes de métro sur la ligne 10, sortie « Boulogne – Pont de Saint Cloud ». Un grand rond-point. Les voitures passent et repassent, se croisent et se recroisent. La circulation n’arrête pas. Nous sommes à Boulogne – Billancourt (92), à proximité des quais de Seine. Une fois entrés dans les jardins d’Albert Kahn, oubliés la circulation, la pollution et le bruit ! Le jardin d’Albert Kahn est le reflet de sa philosophie. Il a mis près de 15 ans à aménager ces près de 4 hectares qui entoure son hôtel particulier à Boulogne-Billancourt. Il en fait un jardin typique du XIXe siècle dit « jardin de scènes », ici tout en contrastes. Cette succession d’ambiances très diverses est le reflet de son credo « la paix universelle par la connaissance des autres ». Le « jardin japonais » côtoie la « forêt vosgienne ». La rigueur du « jardin à la Française » voisine avec le joyeux fouillis du « jardin anglais ». Visiter son jardin, c’est s’imprégner de son univers intime ! Après avoir traversé le nouveau bâtiment à l’architecteur « origami », nous suivons la ligne de vie du jardin japonais. L’eau jaillit d’une étrange construction conique faite de galets. C’est la naissance. Elle s’écoule ensuite joyeuse, rebondit sur les pierres, symbolisant la fougue de l’adolescence. Elle s’élargit en bassin d’eau calme comme la plénitude de la maturité. Elle butte sur des murets de galets, les aléas de la vie…

Poussez au-delà du jardin japonais, vous serez surpris par la rigueur sophistiquée du jardin français, rassemblant rosiers et arbres fruitiers de toutes formes. Le lieu est d’un charme fou d’avril à juin avec les floraisons des arbres fruitiers et des roses. Le jardin anglais représente une campagne idéale particulièrement spectaculaire à l’automne quand tilleuls, ginkgos, érables et bouleaux se parent d’or. Terminons la visite vers l’endroit le plus insolite, la forêt vosgienne et son espace 100 % nature où se ressourcer.

C’est où

A Boulogne-Billancourt, 10-14 rue du port, 92100 Boulogne – Billancourt. Tél. : +33 (0)1 55 19 28 00. www.albert-kahn.hauts-de-seine.net.

Pendant la durée des travaux de rénovation du musée (fin prévue en 2020), l’accès des visiteurs se situe au 1, rue des abondantes. Visites guidées uniquement avec inscriptions préalable par téléphone ou mail (accueilmak@hauts-de-seine.fr)

Ouvert du mardi au dimanche, de 11 à 18 (octobre à avril) ou 19 (mai à septembre) h

La voiture est déconseillée. Il n’y a pas de parking public à proximité. Préférez les transports en commun.

En métro : ligne 10, terminus de la ligne, station « Boulogne – Pont de Saint Cloud », 5 mn à pied.

En bus : lignes 52, 72, 126, 160, 460, 467, arrêt « Rhin et Danube », 5 mn à pied.

En tramway : ligne T2, arrêt « Parc de Saint Cloud », 15 mn à pied en traversant le pont.

Pourquoi y aller ?

Pour le dépaysement : à peine poussée la porte, on y oublie la ville environnante. Dans tout le jardin résonne le clapotis de l’eau effaçant le va et vient de la circulation sur le quai de Seine tout proche. Un rideau de bambou gomme les immeubles alentour. Nous sommes nulle part et pourtant si bien…

Pour le bien-être : Ici, un banc, là un rondin de bois, plus loin une rambarde, sont autant d’invite à la pause méditative en suivant le ballet coloré des carpes Koï. Les pierres plates des chemins, une volée de marches irrégulières rythment la promenade.

Ce que l’on préfère

Le printemps et les cerisiers en fleurs, les azalées du jardin japonais ; les arbres fruitiers en fleurs du jardin français ; les rhododendrons et autres de fleurs de sous-bois de la forêt vosgienne… En fin de printemps, début d’été,  les marguerites, bleuets, coquelicots et ancolies insolites dans la partie la plus sauvage du jardin : le marais. Graminées et fleurs vivaces y sont disposées de façon très naturelle. 

 

 

 

L’automne avec les colorations chaudes des arbres notamment les cerisiers et les érables japonais.

 

 

 

Prolonger la visite…

Albert Kahn est un homme simple et discret jusqu’à être qualifié d’énigmatique. C’est un banquier avisé qui a mis sa fortune au service d’une grande idée : la paix universelle par la connaissance de chacun. Ses « Archives de la Planète » ont financé les voyages de photographes et de cinéastes autour du monde. Aujourd’hui la fondation Albert Kahn possède 72000 autochromes en couleur et 183000 heures de séquences filmées conservées et présentées au public au Musée Albert Kahn. Et si vous voulez jeter un coup d’œil sur le jardin « au temps d’Albert Kahn », il existe plus de 4000 clichés qui retracent la réalisation de ces jardins.

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Jardin exotique d’Eze (06) : Fleurs de cactus

Dès leur découverte, les cactées ont suscité un engouement : leurs formes insolites, leurs physiologies étonnantes, leur adaptation à des conditions de vie quasi intolérables… Devenez amoureux de ces végétaux insolites en visitant un jardin hors du commun.

Pour arriver au jardin exotique d’Eze, il faut traverser le pittoresque village d’Eze. La montée est rude : le piton rocheux d’Eze domine le littoral de ses 429 m. Habité depuis l’âge de pierre, il a connu son heure de gloire au Moyen Âge où les seigneurs d’Eze ont édifié le château féodal dont il ne reste que les ruines. Lors de la guerre de succession espagnole au début du XVIIIème siècle, cette place forte inféodée aux Ducs de Savoie faisait obstacle aux communications entre Villefranche sur Mer et Monaco. Louis XIV a ordonné sa destruction, mais les ruines ont survécu jusqu’à aujourd’hui. A la Belle Epoque, la Côte d’Azur devient lieu de villégiature et le village d’Eze lieu de promenade pour les touristes attirés par l’exceptionnel panorama. Du point le plus haut on voit la côte de l’Italie à Saint-Tropez et par temps clair on peut apercevoir la Corse !

Après la seconde guerre mondiale, le maire de l’époque, André Gianton a l’idée d’y installer une végétation exotique pour augmenter l’attrait touristique. La proximité du jardin exotique de Monaco l’incite à solliciter les compétences du jardinier-chef  Jean Gastaud, à l’initiative des premières plantations de cactées sur le Rocher. Le site est protégé des vents du nord par le plateau de Revère, bénéficie d’une exposition plein sud et d’une déclivité garante d’un bon drainage : l’idéal pour des plantes bien adaptées à la sécheresse comme les cactées et plantes grasses. L’aménagement fut une prouesse car les pierres, la terre et les plantes furent amenées à dos d’homme, le site étant inaccessible à un engin motorisé.

C’est où

A Eze village (pas Eze bord de mer), à 11 km de Nice et 7 km de Monaco, sur la Moyenne Corniche. Parking payant à l’entrée du village au pied du rocher. Ouvert tous les jours de 9 h à 16 h 30, 18 h 30 ou 19 h 30 selon la saison.

Complétez votre visite au pays des cactées et autres succulentes par :

– Une visite au Jardin  exotique de Monaco, 62 bd du Jardin exotique, Monaco (Tél. : +377 93 15 29 80), ouvert toute l’année (sauf les 19/11 et 25/12), de 9 à 17, 18 ou 19 h selon la saison

– Un détour au Parc Phoenix, 405 Promenade des Anglais, à Nice (Tél. : + 33 (0)4 92 29 77 00), qui en possède également une belle collection, ouvert toute l’année de 9 h 30 à 18 ou 19 h selon les saisons.

Pourquoi y aller ?

Depuis 2004, le jardin, toujours géré par la ville d’Eze, s’est modernisé pour rendre les collections plus attractives. Un aménagement en terrasses permet un cheminement facile entre les plantes. Des panneaux thématiques jalonnent le jardin comparant les agaves et les aloès, dévoilant le secret des cactées… Des fiches botaniques sont téléchargeables directement sur le site via des QR codes pour satisfaire votre curiosité sur tel ou tel spécimen. Des endroits pour se détendre et admirer les plantes et le panorama ponctuent la promenade ainsi que les statues poétiques du sculpteur Jean-Philippe Richard. Un nouveau jardin a été aménagé sur le versant nord du rocher, plus ombragé.  Il accueille une collection de plantes méditerranéennes et subtropicales. Une cascade et des brumisations intermittentes offrent, désormais, une fraîcheur bienvenue lors des visites estivales !

Ce que l’on préfère

Cette saison des fleurs au pays des cactées et succulentes, le printemps qui voit leur silhouette austère afficher un brin de fantaisie. Parmi les fleurons de la collection de cactées, citons Trichocereus pasacana, cierge géant qui domine tout le jardin, Opuntia tunicata aux longs aiguillons translucides et Ferocactus pilosus aux épines rouge corail. Et parmi les plantes grasses, les euphorbes, dont Euphorbia coerulescens, les aloès, dont le monumental Aloe marlothii, et les agaves,  dont Agave salmania var. ferox, sont les familles les plus représentées.

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Pour faire une pause

Arrêtez-vous à la porte du jardin, un peu sur la droite en sortant la Taverne d’Antan et sa terrasse ombragée. Cuisine italienne. Plat à partir de 15 €, pizza à partir de 12 €. 6 rue Plane. Tél. : +33 (0)4 92 10 79 61.

Amoureux du site, offrez-vous une folie en amoureux à la Suite du Village, une chambre d’hôtes de charme sur le rocher d’Eze. A pousser la porte de ce lieu et se soustraire en un instant à la foule des touristes, on se sent privilégié. 8 rue Burnou. De 190 à 240 € selon les saisons. Tél. : +33 (0)4 93 41 13 68 ou +33 (0)6 22 33 15 42.

Pour dominer la situation, l’hôtel Hermitage Art vous propose un séjour dans un jardin luxuriant sur les hauteurs qui dominent le rocher d’Eze. Belle vue sur la côte. 1951 avenue des Diables Bleus, à Eze Village. Chambre pour 2 pers. à partir de 80 €. Tél. : +33 (0)4 93 41 00 68.

Giverny : Impressions de printemps

Les jardins de Claude Monet à Giverny (27) ont rouvert leurs portes le week-end dernier avec les premiers jours du printemps. N’attendez pas l’été et ses hordes de touristes pour y faire un tour. C’est dès maintenant que le jardin est le plus émouvant et le niveau de fréquentation à peu près supportable pour un amoureux des jardins.

Le clos normand, le jardin devant la maison, le premier de Claude Monet, vibre de couleurs. Les arbres fruitiers plus sages déploient leurs délicates fleurs blanches ou à peine rosées. L’impression est forte à l’image de l’effervescence du renouveau. Des jeunes mariés asiatiques tentent un selfie. Mais parviendront-ils à capter le merveilleux du jardin sous ce timide soleil printanier ?

Puis l’on passe sous la route suivant le flot des visiteurs pour rejoindre le jardin d’eau. Là pas question de sortir du rang ! C’est à la queue-leu-leu que nous découvrons ce jardin qui inspira les « Nymphéas » dans sa fragile renaissance après l’hiver. La glycine n’a rien de sa superbe encore en bourgeons. Ici une azalée s’affiche en rouge, là un rhododendron nain s’étale en mauve, plus loin, un hellébore hoche la tête. Partout le vert acide des jeunes feuilles qui pointent… Le miroir des étangs encore exempts de leurs nénuphars mythiques dédouble cet éveil émouvant. Et tant mieux si l’on contourne l’onde à petits pas, on prend ainsi le temps de percevoir le moindre détail.

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C’est où

A Giverny, à 3 km de Vernon, au bord de l’Epte

Fondation Claude Monet, 84, rue Claude Monet – 27620 Giverny. Tél. : +33 (0)2 32 51 28 21. www.claude-monet-giverny.fr. Ouvert tous les jours du 23 mars au 1er novembre 2018 de 9 h 30 à 18 h.

Y venir en voiture : A13, sortie Vernon, puis à Vernon, prendre la direction Giverny, comptez une bonne heure ; en train : Paris – Rouen à la gare Saint-Lazare (Paris), station Vernon (3 km de Giverny).

Pourquoi y aller ?

Au printemps, le spectacle a la fraîcheur du renouveau et l’ardeur de l’été à venir. Les couleurs les plus intenses côtoient des pastels d’une infinie délicatesse. Les jardiniers y osent les associations de couleurs les plus audacieuses sans fausse note. A croire que l’âme du peintre jardinier « maître es impressionnisme » flotte toujours sur ces parterres.

Ce que l’on préfère

Cet hymne enthousiaste aux fleurs bulbeuses dans le Clos Normand : tulipe, narcisse, fritillaire…  des variétés extraordinaires dont les corolles doubles, froufroutantes, bien dessinées et des fleurs plus « campagne » lèchent le pied des sages pommiers en cordon et autres arbres fruitiers.

Pour faire une pause

Pour prolonger le charme de ce printemps fleuri, en poussant le pas vers le restaurant de l’ancien hôtel Baudy, 81 rue Claude Monet. Tél. : +33 (0)2 32 21 10 03. Menus entre 15 et 26 €. C’est là que beaucoup de peintres dont les impressionnistes américains séjournèrent du temps de Monet. L’atelier d’artistes et la roseraie ont gardé le charme d’autrefois.

Pour un week-end en amoureux ou en famille, essayez la chambre d’hôtes de la maison de Madame Baudy, épicerie du temps de Monet, logement d’artistes moins argentés du temps de Monet, elle est aussi chargée de souvenirs. Pour 2 à 4 personnes. 150 € la nuit pour 2 personnes. 3 rue Blanche Hoschede-Monet. Tél. : +33 (0)6 60 17 00 09 (Mme Véronique Perdrix).

Ne partez pas sans faire un tour dans les jardins du Musée des Impressionnismes entouré de charmants petits jardins cloisonnés. Ouvert tous les jours du 30/03 au 04/11 (sauf du 16 au 27/07 pour changement d’exposition) de 10 à 18 h. 99 rue Claude Monet. Expositions permanentes et temporaires sur les artistes impressionnistes du monde.