Giverny : Impressions de printemps

Les jardins de Claude Monet à Giverny (27) ont rouvert leurs portes le week-end dernier avec les premiers jours du printemps. N’attendez pas l’été et ses hordes de touristes pour y faire un tour. C’est dès maintenant que le jardin est le plus émouvant et le niveau de fréquentation à peu près supportable pour un amoureux des jardins.

Le clos normand, le jardin devant la maison, le premier de Claude Monet, vibre de couleurs. Les arbres fruitiers plus sages déploient leurs délicates fleurs blanches ou à peine rosées. L’impression est forte à l’image de l’effervescence du renouveau. Des jeunes mariés asiatiques tentent un selfie. Mais parviendront-ils à capter le merveilleux du jardin sous ce timide soleil printanier ?

Puis l’on passe sous la route suivant le flot des visiteurs pour rejoindre le jardin d’eau. Là pas question de sortir du rang ! C’est à la queue-leu-leu que nous découvrons ce jardin qui inspira les « Nymphéas » dans sa fragile renaissance après l’hiver. La glycine n’a rien de sa superbe encore en bourgeons. Ici une azalée s’affiche en rouge, là un rhododendron nain s’étale en mauve, plus loin, un hellébore hoche la tête. Partout le vert acide des jeunes feuilles qui pointent… Le miroir des étangs encore exempts de leurs nénuphars mythiques dédouble cet éveil émouvant. Et tant mieux si l’on contourne l’onde à petits pas, on prend ainsi le temps de percevoir le moindre détail.

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C’est où

A Giverny, à 3 km de Vernon, au bord de l’Epte

Fondation Claude Monet, 84, rue Claude Monet – 27620 Giverny. Tél. : +33 (0)2 32 51 28 21. www.claude-monet-giverny.fr. Ouvert tous les jours du 23 mars au 1er novembre 2018 de 9 h 30 à 18 h.

Y venir en voiture : A13, sortie Vernon, puis à Vernon, prendre la direction Giverny, comptez une bonne heure ; en train : Paris – Rouen à la gare Saint-Lazare (Paris), station Vernon (3 km de Giverny).

Pourquoi y aller ?

Au printemps, le spectacle a la fraîcheur du renouveau et l’ardeur de l’été à venir. Les couleurs les plus intenses côtoient des pastels d’une infinie délicatesse. Les jardiniers y osent les associations de couleurs les plus audacieuses sans fausse note. A croire que l’âme du peintre jardinier « maître es impressionnisme » flotte toujours sur ces parterres.

Ce que l’on préfère

Cet hymne enthousiaste aux fleurs bulbeuses dans le Clos Normand : tulipe, narcisse, fritillaire…  des variétés extraordinaires dont les corolles doubles, froufroutantes, bien dessinées et des fleurs plus « campagne » lèchent le pied des sages pommiers en cordon et autres arbres fruitiers.

Pour faire une pause

Pour prolonger le charme de ce printemps fleuri, en poussant le pas vers le restaurant de l’ancien hôtel Baudy, 81 rue Claude Monet. Tél. : +33 (0)2 32 21 10 03. Menus entre 15 et 26 €. C’est là que beaucoup de peintres dont les impressionnistes américains séjournèrent du temps de Monet. L’atelier d’artistes et la roseraie ont gardé le charme d’autrefois.

Pour un week-end en amoureux ou en famille, essayez la chambre d’hôtes de la maison de Madame Baudy, épicerie du temps de Monet, logement d’artistes moins argentés du temps de Monet, elle est aussi chargée de souvenirs. Pour 2 à 4 personnes. 150 € la nuit pour 2 personnes. 3 rue Blanche Hoschede-Monet. Tél. : +33 (0)6 60 17 00 09 (Mme Véronique Perdrix).

Ne partez pas sans faire un tour dans les jardins du Musée des Impressionnismes entouré de charmants petits jardins cloisonnés. Ouvert tous les jours du 30/03 au 04/11 (sauf du 16 au 27/07 pour changement d’exposition) de 10 à 18 h. 99 rue Claude Monet. Expositions permanentes et temporaires sur les artistes impressionnistes du monde.

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Des jardins – surprises qui amusent les enfants

 

 

Visiter agréablement un jardin avec 3 enfants de 5 à 10 ans, ce n’était pas gagné ! On nous avait bien dit que ceux du château de Vendeuvre (14) étaient attrayants avec leurs jeux d’eau. Nous demandions à voir. Leur réputation concernant les topiaires nous attirait. Nous avons décidé de tenter l’aventure. Une sortie plutôt réussie pour toute la famille… Le fil conducteur, c’est topiaires et fantaisie. A l’entrée de l’allée de la glacière, deux gros lapins arrêtent nos bambins : juste le temps de lire le premier panneau explicatif consacré à l’histoire du jardin et l’art topiaire. Tout est pensé pour le plaisir des petits et des grands !

C’est Où ?

En Normandie, à près de 40 km au Sud-est de Caen, à proximité de Saint-Pierre-sur-Dives, en pays d’auge.

Pourquoi y aller ?

Pour les jeux d’eau : une tête de cerf en bronze, des tortues qui crachent de l’eau à notre passage; un pont chinois dont les colombes s’animent de jets d’eau; un arbre de métal, un temple de la sérénité qui vous enveloppent d’une brumisation rafraichissante… A chaque surprise aquatique, une belle histoire nous est contée.

Pour l’aménagement végétal conçu en îlot qui l’élément liquide. Le chèvrefeuille arbustif couvre-sol est  sculpté en vagues. Il délimite des massifs de végétaux sculptés en topiaire, entre lesquels serpente la Dives. Des buis dorés en coussin symbolisent ces roches usées par le ressac. Un genévrier de l’Arizona se transforme en pieuvre grâce une taille en nuage. Des ifs fuselés se dressent comme des phares ici et là. Le clou du spectacle ? Un platane à feuille d’érable de plus de 350 ans haut de près de 9 m.

Ce que l’on a préféré

Les enfants : La fontaine nymphée décorée de ses 200 000 coquillages, notre halte gourmande aux cuisines et la superbe collection de mobilier miniature exposée dans l’orangerie. Les filles ont adoré le pont aux colombes à la légende romantique :

« Auprès du pont chinois rouge, une jeune fille se morfond. Elle attend l’âme sœur parfaite. Colombes et tourterelles décident d’aider l’oiseleur, leur ami, à conquérir la belle malgré ses traits disgracieux. Elles troublent l’onde ; la donzelle y voit la belle âme de son prétendant et se laisse enfin charmer. »

Les adultes : la variété des espèces utilisées pour les topiaires qui apportent leur zeste d’originalité : Buisson ardent (Pyracantha coccinea), Chèvrefeuille couvre-sol (Lonicera nitida ‘Maigrün’), Cyprès de l’Arizona (Cupressus arizonica), Eleagnus (Eleagnus x ebbingei), Hêtre (Fagus sylvatica), Houx panaché (Ilex x altaclerensis ‘Golden King’), Laurier sauce (Laurus nobilis), Osmanthe (Osmanthus delavayi), Photinia (Photinia x fraseri ‘Red Robin’), Thuya doré (Thuja orientalis ‘Aura’) et Troène doré (Ligustrum ‘Vicaryi’)

Faire une pause ?

Au gîte de la Cour Saint Jean : à 15 km de Vendeuvre, c’est une ferme typique à colombages, nichée dans un écrin de verdure (les Fresnots, 14140 Sainte-Marguerite-de-Viette. Tél. : + 33 (0)6 21 76 27 60).