Le Grand Jardin (52) Sous le signe du buis et des fruits

Au cœur de la petite cité de caractère de Joinville en Haute Marne se niche une de ces élégantes résidences de plaisance en vogue au XVIIe siècle, entourée d’un jardin où fruit, buis, symétrie et fantaisie se côtoient avec bonheur.

L’entrée du Grand Jardin est sur l’arrière du château. Sur la droite, en entrant, en contrebas, le long de la façade est (arrière), des parterres de broderies de buis taillés sont égayés de toutes sortes de fleurs qui changent avec la saison. L’ensemble est entouré d’arbres fruitiers en contrespalier. De grands ifs sculptés, alignés en haie d’honneur, constituent le toparium (créé en 2015),  une sorte de catalogue vivant des formes géométriques de topiaires que l’on peut trouver dans les jardins du Château de Versailles. Le château, élégant, entouré de douves sur trois côtés semble flotter sur l’eau. Longeant le canal qui prolonge les douves, d’autres parterres de broderie rythment la promenade. Ils accueillent de la lavande, de la santoline, des fleurs plus saisonnières comme des tulipes au printemps ou des cléomes, œillets d’Inde, lin… en été. Des arbres fruitiers palissés s’appuient sur le mur qui clôt le domaine au sud.  Là encore des allées surélevées offrent un point de vue en surplomb sur ces entrelacs de buis. 

Face au château s’alignent le jardin Renaissance. Géométrie, symétrie, ligne droite sont la règle de sa composition. Les allées se croisent en croix. Les parterres sont d’exacts carrés. Deux grands carrés soulignés d’un triple feston – du buis en bordure basse, des rosiers de Provins, des treillages en bois – regroupent d’un côté des aromatiques (hysope, thym, cerfeuil…), de l’autre des plantes médicinales : digital, germandrée, aconit… « une officine naturelle à portée de main » selon les dires d’Olivier de Serres.

 

Le parc Pittoresque est la partie la plus naturelle du jardin, avec ces grands arbres, de grands espaces, une ombre rafraîchissante… que l’on apprécie les chaudes après-midi d’été. Cette partie du jardin a été rénovée en préservant les vieux arbres présents et en en ajoutant d’autres d’essences plus rares – hêtre pourpre, copalme d’Amérique (Liquidambar styraciflua), frêne panaché (Fraxinus excelsior ‘Variegata’)… – afin de la transformer en arboretum. Les anciens canaux suivent désormais un cours sinueux comme s’il s’agissait d’une vraie rivière qui paresse dans l’herbe fraîche. Les allées ondulent entre les arbres. Un couple s’accorde une pause dans les chiliennes rayées disposées ici et là à l’ombre.

 

C’est où

A Joinville (52300). Tél. : +33 (0)3 25 94 17 54. www.haute-marne.fr.

Ouvert du 26 mars au 30 octobre. Tous les jours sauf le mardi du 30 mai au 18 septembre, uniquement le week-end aux autres périodes d’ouverture.

En voiture : depuis Paris, 240 km, par l’A 5 direction Chaumont, ou par la N 4 via Saint-Dizier, puis N 67.

En train : la gare de Joinville (à 2 h 30 de Paris) est la plus proche.

Contacts : maison du tourisme de Haute-Marne : 03 25 30 39 04. www.tourisme-hautemarne.com ou tourisme-champagne-chaumont.com

Pourquoi y aller ?

– Pour la structure originale du jardin, élaboré à deux époques différentes : le jardin Renaissance, son tracé strict et ses cultures utilitaires agencées de façon très esthétique ; le jardin romantique ou parc pittoresque, sa rivière artificielle et ses grands arbres.

 

– Pour la star du jardin Renaissance qui barre la perspective au bout de cette allée centrale : une tonnelle en bois, un berceau pour être plus exact dans la terminologie, couverte de vigne. Pure création contemporaine, elle est inspirée d’une illustration du songe de Poliphile. Des bancs incorporés dans la structure permettent de s’y attarder pour jouir de son ombre et surtout admirer le travail du bois et l’habileté des artisans qui l’ont réalisée.

 

Ce que l’on préfère

– Le verger et ses plus de 365 arbres dont 70 variétés anciennes dont la plupart étaient déjà connues au XVIIe siècle : la prune ‘Perdrigon’, violette, allongée, le plus souvent séchée en pruneau, la pomme ‘Rambour d’Hiver, une variété française dont les origines remontent au début du XVIIe siècle, ou la poire ‘Cuisse Madame’, petite à la chair un peu croquante et juteuse. 

 

– La collection de plus de 150 variétés de buis différentes, agréée par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées) : elle est nichée dans le sous-bois. Certains sujets déjà de belle taille commencent à être sculptés en formes animalières ou fantastiques. A vous de deviner ce qu’ils vont devenir !

grand jardin - 150615 - JARDIMEDIA - 48

– L’histoire mouvementée du château et des jardins : Construit par Claude de Lorraine, baron de Joinville et duc de Guise, au début du XVIe siècle, la propriété ne fut jusque la Révolution qu’une demeure de plaisance où l’on venant se reposer ou accueillir des amis, une « maison de campagne », le « château d’en-bas ». Au milieu du XIXe siècle, dans un état critique, il est racheté par un riche maître de forge de la région qui en améliore le confort intérieur et l’entoure d’un parc romantique à l’anglaise. Fin des années 70, la propriété est rachetée par le conseil régional de Haute Marne, le jardin est classé aux Monuments Historiques. Côté jardins, la rénovation met l’arbre fruitier à l’honneur.

Prolonger la visite…

Impossible d’échapper à ces deux incontournables quand on vient en Haute-Marne : Le « parcours De Gaulle » à Colombey-Les-Deux Eglises (40 km de Joinville). Rendez-vous au Mémorial Charles de Gaulle. Tous les jours du 1er avril au 30 septembre ; fermé le mardi du 1er octobre au 31 mars. Tél. : +33 (0)3 25 30 90 80. www.memorial-charlesdegaulle.fr. 16,50 € (adulte).

Pour séjourner, Le Val du Roy, chambre d’hôtes dans un ancien couvent du XVIIe, 22, rue de Valleroy, 52300 Joinville. Tél. : +33 (0)6 07 55 43 67. http://www.levalduroy.com. Chambre double : 90 €.

Pour se restaurer : restaurant La côte verte, 76 Rue du General de Gaulle, 52300 Thonnance-lès-Joinville. Tél. : +33 (0)3 25 94 03 63. Des produits frais, de saison, cuisinés avec raffinement. Menus de 16 à 28 €. Fermé dimanche et lundi.

Publicités

Jardin d’Albert Kahn (92) Du métro à Kyoto en quelques pas

« Ma nature a de grandes affinités avec la sensibilité des Japonais… » Albert Kahn

Après quelques minutes de métro sur la ligne 10, sortie « Boulogne – Pont de Saint Cloud ». Un grand rond-point. Les voitures passent et repassent, se croisent et se recroisent. La circulation n’arrête pas. Nous sommes à Boulogne – Billancourt (92), à proximité des quais de Seine. Une fois entrés dans les jardins d’Albert Kahn, oubliés la circulation, la pollution et le bruit ! Le jardin d’Albert Kahn est le reflet de sa philosophie. Il a mis près de 15 ans à aménager ces près de 4 hectares qui entoure son hôtel particulier à Boulogne-Billancourt. Il en fait un jardin typique du XIXe siècle dit « jardin de scènes », ici tout en contrastes. Cette succession d’ambiances très diverses est le reflet de son credo « la paix universelle par la connaissance des autres ». Le « jardin japonais » côtoie la « forêt vosgienne ». La rigueur du « jardin à la Française » voisine avec le joyeux fouillis du « jardin anglais ». Visiter son jardin, c’est s’imprégner de son univers intime ! Après avoir traversé le nouveau bâtiment à l’architecteur « origami », nous suivons la ligne de vie du jardin japonais. L’eau jaillit d’une étrange construction conique faite de galets. C’est la naissance. Elle s’écoule ensuite joyeuse, rebondit sur les pierres, symbolisant la fougue de l’adolescence. Elle s’élargit en bassin d’eau calme comme la plénitude de la maturité. Elle butte sur des murets de galets, les aléas de la vie…

Poussez au-delà du jardin japonais, vous serez surpris par la rigueur sophistiquée du jardin français, rassemblant rosiers et arbres fruitiers de toutes formes. Le lieu est d’un charme fou d’avril à juin avec les floraisons des arbres fruitiers et des roses. Le jardin anglais représente une campagne idéale particulièrement spectaculaire à l’automne quand tilleuls, ginkgos, érables et bouleaux se parent d’or. Terminons la visite vers l’endroit le plus insolite, la forêt vosgienne et son espace 100 % nature où se ressourcer.

C’est où

A Boulogne-Billancourt, 10-14 rue du port, 92100 Boulogne – Billancourt. Tél. : +33 (0)1 55 19 28 00. www.albert-kahn.hauts-de-seine.net.

Pendant la durée des travaux de rénovation du musée (fin prévue en 2020), l’accès des visiteurs se situe au 1, rue des abondantes. Visites guidées uniquement avec inscriptions préalable par téléphone ou mail (accueilmak@hauts-de-seine.fr)

Ouvert du mardi au dimanche, de 11 à 18 (octobre à avril) ou 19 (mai à septembre) h

La voiture est déconseillée. Il n’y a pas de parking public à proximité. Préférez les transports en commun.

En métro : ligne 10, terminus de la ligne, station « Boulogne – Pont de Saint Cloud », 5 mn à pied.

En bus : lignes 52, 72, 126, 160, 460, 467, arrêt « Rhin et Danube », 5 mn à pied.

En tramway : ligne T2, arrêt « Parc de Saint Cloud », 15 mn à pied en traversant le pont.

Pourquoi y aller ?

Pour le dépaysement : à peine poussée la porte, on y oublie la ville environnante. Dans tout le jardin résonne le clapotis de l’eau effaçant le va et vient de la circulation sur le quai de Seine tout proche. Un rideau de bambou gomme les immeubles alentour. Nous sommes nulle part et pourtant si bien…

Pour le bien-être : Ici, un banc, là un rondin de bois, plus loin une rambarde, sont autant d’invite à la pause méditative en suivant le ballet coloré des carpes Koï. Les pierres plates des chemins, une volée de marches irrégulières rythment la promenade.

Ce que l’on préfère

Le printemps et les cerisiers en fleurs, les azalées du jardin japonais ; les arbres fruitiers en fleurs du jardin français ; les rhododendrons et autres de fleurs de sous-bois de la forêt vosgienne… En fin de printemps, début d’été,  les marguerites, bleuets, coquelicots et ancolies insolites dans la partie la plus sauvage du jardin : le marais. Graminées et fleurs vivaces y sont disposées de façon très naturelle. 

 

 

 

L’automne avec les colorations chaudes des arbres notamment les cerisiers et les érables japonais.

 

 

 

Prolonger la visite…

Albert Kahn est un homme simple et discret jusqu’à être qualifié d’énigmatique. C’est un banquier avisé qui a mis sa fortune au service d’une grande idée : la paix universelle par la connaissance de chacun. Ses « Archives de la Planète » ont financé les voyages de photographes et de cinéastes autour du monde. Aujourd’hui la fondation Albert Kahn possède 72000 autochromes en couleur et 183000 heures de séquences filmées conservées et présentées au public au Musée Albert Kahn. Et si vous voulez jeter un coup d’œil sur le jardin « au temps d’Albert Kahn », il existe plus de 4000 clichés qui retracent la réalisation de ces jardins.

Jardin exotique d’Eze (06) : Fleurs de cactus

Dès leur découverte, les cactées ont suscité un engouement : leurs formes insolites, leurs physiologies étonnantes, leur adaptation à des conditions de vie quasi intolérables… Devenez amoureux de ces végétaux insolites en visitant un jardin hors du commun.

Pour arriver au jardin exotique d’Eze, il faut traverser le pittoresque village d’Eze. La montée est rude : le piton rocheux d’Eze domine le littoral de ses 429 m. Habité depuis l’âge de pierre, il a connu son heure de gloire au Moyen Âge où les seigneurs d’Eze ont édifié le château féodal dont il ne reste que les ruines. Lors de la guerre de succession espagnole au début du XVIIIème siècle, cette place forte inféodée aux Ducs de Savoie faisait obstacle aux communications entre Villefranche sur Mer et Monaco. Louis XIV a ordonné sa destruction, mais les ruines ont survécu jusqu’à aujourd’hui. A la Belle Epoque, la Côte d’Azur devient lieu de villégiature et le village d’Eze lieu de promenade pour les touristes attirés par l’exceptionnel panorama. Du point le plus haut on voit la côte de l’Italie à Saint-Tropez et par temps clair on peut apercevoir la Corse !

Après la seconde guerre mondiale, le maire de l’époque, André Gianton a l’idée d’y installer une végétation exotique pour augmenter l’attrait touristique. La proximité du jardin exotique de Monaco l’incite à solliciter les compétences du jardinier-chef  Jean Gastaud, à l’initiative des premières plantations de cactées sur le Rocher. Le site est protégé des vents du nord par le plateau de Revère, bénéficie d’une exposition plein sud et d’une déclivité garante d’un bon drainage : l’idéal pour des plantes bien adaptées à la sécheresse comme les cactées et plantes grasses. L’aménagement fut une prouesse car les pierres, la terre et les plantes furent amenées à dos d’homme, le site étant inaccessible à un engin motorisé.

C’est où

A Eze village (pas Eze bord de mer), à 11 km de Nice et 7 km de Monaco, sur la Moyenne Corniche. Parking payant à l’entrée du village au pied du rocher. Ouvert tous les jours de 9 h à 16 h 30, 18 h 30 ou 19 h 30 selon la saison.

Complétez votre visite au pays des cactées et autres succulentes par :

– Une visite au Jardin  exotique de Monaco, 62 bd du Jardin exotique, Monaco (Tél. : +377 93 15 29 80), ouvert toute l’année (sauf les 19/11 et 25/12), de 9 à 17, 18 ou 19 h selon la saison

– Un détour au Parc Phoenix, 405 Promenade des Anglais, à Nice (Tél. : + 33 (0)4 92 29 77 00), qui en possède également une belle collection, ouvert toute l’année de 9 h 30 à 18 ou 19 h selon les saisons.

Pourquoi y aller ?

Depuis 2004, le jardin, toujours géré par la ville d’Eze, s’est modernisé pour rendre les collections plus attractives. Un aménagement en terrasses permet un cheminement facile entre les plantes. Des panneaux thématiques jalonnent le jardin comparant les agaves et les aloès, dévoilant le secret des cactées… Des fiches botaniques sont téléchargeables directement sur le site via des QR codes pour satisfaire votre curiosité sur tel ou tel spécimen. Des endroits pour se détendre et admirer les plantes et le panorama ponctuent la promenade ainsi que les statues poétiques du sculpteur Jean-Philippe Richard. Un nouveau jardin a été aménagé sur le versant nord du rocher, plus ombragé.  Il accueille une collection de plantes méditerranéennes et subtropicales. Une cascade et des brumisations intermittentes offrent, désormais, une fraîcheur bienvenue lors des visites estivales !

Ce que l’on préfère

Cette saison des fleurs au pays des cactées et succulentes, le printemps qui voit leur silhouette austère afficher un brin de fantaisie. Parmi les fleurons de la collection de cactées, citons Trichocereus pasacana, cierge géant qui domine tout le jardin, Opuntia tunicata aux longs aiguillons translucides et Ferocactus pilosus aux épines rouge corail. Et parmi les plantes grasses, les euphorbes, dont Euphorbia coerulescens, les aloès, dont le monumental Aloe marlothii, et les agaves,  dont Agave salmania var. ferox, sont les familles les plus représentées.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour faire une pause

Arrêtez-vous à la porte du jardin, un peu sur la droite en sortant la Taverne d’Antan et sa terrasse ombragée. Cuisine italienne. Plat à partir de 15 €, pizza à partir de 12 €. 6 rue Plane. Tél. : +33 (0)4 92 10 79 61.

Amoureux du site, offrez-vous une folie en amoureux à la Suite du Village, une chambre d’hôtes de charme sur le rocher d’Eze. A pousser la porte de ce lieu et se soustraire en un instant à la foule des touristes, on se sent privilégié. 8 rue Burnou. De 190 à 240 € selon les saisons. Tél. : +33 (0)4 93 41 13 68 ou +33 (0)6 22 33 15 42.

Pour dominer la situation, l’hôtel Hermitage Art vous propose un séjour dans un jardin luxuriant sur les hauteurs qui dominent le rocher d’Eze. Belle vue sur la côte. 1951 avenue des Diables Bleus, à Eze Village. Chambre pour 2 pers. à partir de 80 €. Tél. : +33 (0)4 93 41 00 68.

Giverny : Impressions de printemps

Les jardins de Claude Monet à Giverny (27) ont rouvert leurs portes le week-end dernier avec les premiers jours du printemps. N’attendez pas l’été et ses hordes de touristes pour y faire un tour. C’est dès maintenant que le jardin est le plus émouvant et le niveau de fréquentation à peu près supportable pour un amoureux des jardins.

Le clos normand, le jardin devant la maison, le premier de Claude Monet, vibre de couleurs. Les arbres fruitiers plus sages déploient leurs délicates fleurs blanches ou à peine rosées. L’impression est forte à l’image de l’effervescence du renouveau. Des jeunes mariés asiatiques tentent un selfie. Mais parviendront-ils à capter le merveilleux du jardin sous ce timide soleil printanier ?

Puis l’on passe sous la route suivant le flot des visiteurs pour rejoindre le jardin d’eau. Là pas question de sortir du rang ! C’est à la queue-leu-leu que nous découvrons ce jardin qui inspira les « Nymphéas » dans sa fragile renaissance après l’hiver. La glycine n’a rien de sa superbe encore en bourgeons. Ici une azalée s’affiche en rouge, là un rhododendron nain s’étale en mauve, plus loin, un hellébore hoche la tête. Partout le vert acide des jeunes feuilles qui pointent… Le miroir des étangs encore exempts de leurs nénuphars mythiques dédouble cet éveil émouvant. Et tant mieux si l’on contourne l’onde à petits pas, on prend ainsi le temps de percevoir le moindre détail.

giverny-160421-RLP - JARDIMEDIA - 18

C’est où

A Giverny, à 3 km de Vernon, au bord de l’Epte

Fondation Claude Monet, 84, rue Claude Monet – 27620 Giverny. Tél. : +33 (0)2 32 51 28 21. www.claude-monet-giverny.fr. Ouvert tous les jours du 23 mars au 1er novembre 2018 de 9 h 30 à 18 h.

Y venir en voiture : A13, sortie Vernon, puis à Vernon, prendre la direction Giverny, comptez une bonne heure ; en train : Paris – Rouen à la gare Saint-Lazare (Paris), station Vernon (3 km de Giverny).

Pourquoi y aller ?

Au printemps, le spectacle a la fraîcheur du renouveau et l’ardeur de l’été à venir. Les couleurs les plus intenses côtoient des pastels d’une infinie délicatesse. Les jardiniers y osent les associations de couleurs les plus audacieuses sans fausse note. A croire que l’âme du peintre jardinier « maître es impressionnisme » flotte toujours sur ces parterres.

Ce que l’on préfère

Cet hymne enthousiaste aux fleurs bulbeuses dans le Clos Normand : tulipe, narcisse, fritillaire…  des variétés extraordinaires dont les corolles doubles, froufroutantes, bien dessinées et des fleurs plus « campagne » lèchent le pied des sages pommiers en cordon et autres arbres fruitiers.

Pour faire une pause

Pour prolonger le charme de ce printemps fleuri, en poussant le pas vers le restaurant de l’ancien hôtel Baudy, 81 rue Claude Monet. Tél. : +33 (0)2 32 21 10 03. Menus entre 15 et 26 €. C’est là que beaucoup de peintres dont les impressionnistes américains séjournèrent du temps de Monet. L’atelier d’artistes et la roseraie ont gardé le charme d’autrefois.

Pour un week-end en amoureux ou en famille, essayez la chambre d’hôtes de la maison de Madame Baudy, épicerie du temps de Monet, logement d’artistes moins argentés du temps de Monet, elle est aussi chargée de souvenirs. Pour 2 à 4 personnes. 150 € la nuit pour 2 personnes. 3 rue Blanche Hoschede-Monet. Tél. : +33 (0)6 60 17 00 09 (Mme Véronique Perdrix).

Ne partez pas sans faire un tour dans les jardins du Musée des Impressionnismes entouré de charmants petits jardins cloisonnés. Ouvert tous les jours du 30/03 au 04/11 (sauf du 16 au 27/07 pour changement d’exposition) de 10 à 18 h. 99 rue Claude Monet. Expositions permanentes et temporaires sur les artistes impressionnistes du monde.

Jardins du Nouveau Monde : Souvenirs, souvenir…

Le château de Blérancourt (02), c’est la noblesse du XVIIe siècle qui s’entiche de la campagne, la rudesse des combats de la Grande Guerre, les trésors végétaux d’Amérique… l’histoire d’une amitié entre deux nations dans l’écrin de ces jardins du Nouveau Monde !

Blerancourt-151009-PF- JARDIMEDIA - 132

S’il est une saison où l’on ressent profondément la solennité du lieu, c’est bien l’automne quand l’arboretum des Jardins du Nouveau Monde revêt les couleurs de l’été indien. Le souvenir des combats passés et de toutes les bonnes volontés qui ont tenté d’en atténuer la cruauté est présent dans chaque fleur, feuille et pierre… du château de Blérancourt. En Picardie, la bataille fut rude : les lieux de souvenirs – nombreux – en témoignent. Mais celui-ci est singulier. Il mêle deux nations dans leur fraternité à travers les siècles, de la guerre pour l’indépendance des Etats-Unis à la Première Guerre Mondiale et notre lutte pour notre souveraineté. Il s’inscrit dans un jardin symbolique : des plantes américaines qui prospèrent sur le sol français ! Il y a presque 30 ans maintenant, trois paysagistes de renom se sont penchés sur la destinée de ces jardins du Nouveau Monde autour du château de Blérancourt, devenu Musée Franco-Américain : Michel Boulcourt, Madison Cox et Mark Rudkin. Encore des nationalités mêlées : le premier est français, les deux autres américains.

C’est où ?

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 8 h 30 à 19 h (les jardins), de 14 à 18 h (musée). Accès gratuit aux jardins. depuis Paris, comptez 1h45, via Senlis et Noyon; De Lille,  1h50, via l’A1, l’A26 et D1.

En train : la gare la plus proche, c’est « Noyon » (14 km)

Pourquoi y aller ?

Pour l’une des plus belles collections de plantes d’origine américaine prospérant sur notre territoire, mise en scène de façon très élégante.

Pour le musée, entièrement rénové, qui a ré-ouvert ses portes en juillet dernier : il regroupe des collections autour de l’amitié franco-américaine, de la première guerre mondiale, des indiens en Amérique, un hommage à sa créatrice Anne Morgane…

Ce que l’on préfère ?

 

L’arboretum, financé par des mécènes américains par l’intermédiaire des Colonial Dames of American, Chapter IV (Paris). Il ressemble aux paysages du Nord-est des Etats-Unis. Les érables à sucre, de Virginie, à grandes feuilles, déclinent toutes les nuances du rouge, de l’orange et du roux. Le chêne écarlate vire au vermillon, tirant parfois sur le pourpre. On ne sait plus vers où tourner les yeux tant les couleurs sont époustouflantes. Et encore celui-ci, le copalme d’Amérique tout aussi rougissant ; ou  celui-là, le tulépo, dont le nom signifie « nymphe des bois », qui s’habille de cuivre et de carmin; cet autre, le tulipier de Virginie qui se pare d’or tout comme l’orme d’Amérique, un nordique que l’on trouve jusqu’en Terre-Neuve, aussi jaune d’or qu’un ginkgo.  Plus discret, mais d’une élégance rare, le frêne d’Amérique, appelé aussi « frêne blanc », se teinte d’un rose délicat. Et parlons aussi de l’amélanchier du Canada, bien plus grand que l’espèce commune qui pousse chez nous, marie l’orange et l’écarlate avant la chute de ses feuilles. Un original ? Le houx américain se remarque par les manchons de baies rouges qui enveloppent ses branches. Il perd ses feuilles, ce qui laisse, en hiver, toute la vedette à ses fruits écarlates.

 

Pour faire une pause…

Chez Ric et Fer : à Coucy le Château (15 km de Blérancourt), des chambres d’hôtes originales dans l’une des plus anciennes maisons du village, avec vue sur le jardin. 1, place du Marché. Tél. : 03 23 52 38 07. 

Hostellerie Le Griffon : à Blérancourt, à quelques pas du château, une cuisine traditionnelle et gastronomique, terrasse avec vue sur parc fleuri. 22, place du Général Leclerc 02300 Blérancourt. Tél. : 03 23 39 23 39.