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Le Grand Jardin (52) Sous le signe du buis et des fruits

Au cœur de la petite cité de caractère de Joinville en Haute Marne se niche une de ces élégantes résidences de plaisance en vogue au XVIIe siècle, entourée d’un jardin où fruit, buis, symétrie et fantaisie se côtoient avec bonheur.

L’entrée du Grand Jardin est sur l’arrière du château. Sur la droite, en entrant, en contrebas, le long de la façade est (arrière), des parterres de broderies de buis taillés sont égayés de toutes sortes de fleurs qui changent avec la saison. L’ensemble est entouré d’arbres fruitiers en contrespalier. De grands ifs sculptés, alignés en haie d’honneur, constituent le toparium (créé en 2015),  une sorte de catalogue vivant des formes géométriques de topiaires que l’on peut trouver dans les jardins du Château de Versailles. Le château, élégant, entouré de douves sur trois côtés semble flotter sur l’eau. Longeant le canal qui prolonge les douves, d’autres parterres de broderie rythment la promenade. Ils accueillent de la lavande, de la santoline, des fleurs plus saisonnières comme des tulipes au printemps ou des cléomes, œillets d’Inde, lin… en été. Des arbres fruitiers palissés s’appuient sur le mur qui clôt le domaine au sud.  Là encore des allées surélevées offrent un point de vue en surplomb sur ces entrelacs de buis. 

Face au château s’alignent le jardin Renaissance. Géométrie, symétrie, ligne droite sont la règle de sa composition. Les allées se croisent en croix. Les parterres sont d’exacts carrés. Deux grands carrés soulignés d’un triple feston – du buis en bordure basse, des rosiers de Provins, des treillages en bois – regroupent d’un côté des aromatiques (hysope, thym, cerfeuil…), de l’autre des plantes médicinales : digital, germandrée, aconit… « une officine naturelle à portée de main » selon les dires d’Olivier de Serres.

 

Le parc Pittoresque est la partie la plus naturelle du jardin, avec ces grands arbres, de grands espaces, une ombre rafraîchissante… que l’on apprécie les chaudes après-midi d’été. Cette partie du jardin a été rénovée en préservant les vieux arbres présents et en en ajoutant d’autres d’essences plus rares – hêtre pourpre, copalme d’Amérique (Liquidambar styraciflua), frêne panaché (Fraxinus excelsior ‘Variegata’)… – afin de la transformer en arboretum. Les anciens canaux suivent désormais un cours sinueux comme s’il s’agissait d’une vraie rivière qui paresse dans l’herbe fraîche. Les allées ondulent entre les arbres. Un couple s’accorde une pause dans les chiliennes rayées disposées ici et là à l’ombre.

 

C’est où

A Joinville (52300). Tél. : +33 (0)3 25 94 17 54. www.haute-marne.fr.

Ouvert du 26 mars au 30 octobre. Tous les jours sauf le mardi du 30 mai au 18 septembre, uniquement le week-end aux autres périodes d’ouverture.

En voiture : depuis Paris, 240 km, par l’A 5 direction Chaumont, ou par la N 4 via Saint-Dizier, puis N 67.

En train : la gare de Joinville (à 2 h 30 de Paris) est la plus proche.

Contacts : maison du tourisme de Haute-Marne : 03 25 30 39 04. www.tourisme-hautemarne.com ou tourisme-champagne-chaumont.com

Pourquoi y aller ?

– Pour la structure originale du jardin, élaboré à deux époques différentes : le jardin Renaissance, son tracé strict et ses cultures utilitaires agencées de façon très esthétique ; le jardin romantique ou parc pittoresque, sa rivière artificielle et ses grands arbres.

 

– Pour la star du jardin Renaissance qui barre la perspective au bout de cette allée centrale : une tonnelle en bois, un berceau pour être plus exact dans la terminologie, couverte de vigne. Pure création contemporaine, elle est inspirée d’une illustration du songe de Poliphile. Des bancs incorporés dans la structure permettent de s’y attarder pour jouir de son ombre et surtout admirer le travail du bois et l’habileté des artisans qui l’ont réalisée.

 

Ce que l’on préfère

– Le verger et ses plus de 365 arbres dont 70 variétés anciennes dont la plupart étaient déjà connues au XVIIe siècle : la prune ‘Perdrigon’, violette, allongée, le plus souvent séchée en pruneau, la pomme ‘Rambour d’Hiver, une variété française dont les origines remontent au début du XVIIe siècle, ou la poire ‘Cuisse Madame’, petite à la chair un peu croquante et juteuse. 

 

– La collection de plus de 150 variétés de buis différentes, agréée par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées) : elle est nichée dans le sous-bois. Certains sujets déjà de belle taille commencent à être sculptés en formes animalières ou fantastiques. A vous de deviner ce qu’ils vont devenir !

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– L’histoire mouvementée du château et des jardins : Construit par Claude de Lorraine, baron de Joinville et duc de Guise, au début du XVIe siècle, la propriété ne fut jusque la Révolution qu’une demeure de plaisance où l’on venant se reposer ou accueillir des amis, une « maison de campagne », le « château d’en-bas ». Au milieu du XIXe siècle, dans un état critique, il est racheté par un riche maître de forge de la région qui en améliore le confort intérieur et l’entoure d’un parc romantique à l’anglaise. Fin des années 70, la propriété est rachetée par le conseil régional de Haute Marne, le jardin est classé aux Monuments Historiques. Côté jardins, la rénovation met l’arbre fruitier à l’honneur.

Prolonger la visite…

Impossible d’échapper à ces deux incontournables quand on vient en Haute-Marne : Le « parcours De Gaulle » à Colombey-Les-Deux Eglises (40 km de Joinville). Rendez-vous au Mémorial Charles de Gaulle. Tous les jours du 1er avril au 30 septembre ; fermé le mardi du 1er octobre au 31 mars. Tél. : +33 (0)3 25 30 90 80. www.memorial-charlesdegaulle.fr. 16,50 € (adulte).

Pour séjourner, Le Val du Roy, chambre d’hôtes dans un ancien couvent du XVIIe, 22, rue de Valleroy, 52300 Joinville. Tél. : +33 (0)6 07 55 43 67. http://www.levalduroy.com. Chambre double : 90 €.

Pour se restaurer : restaurant La côte verte, 76 Rue du General de Gaulle, 52300 Thonnance-lès-Joinville. Tél. : +33 (0)3 25 94 03 63. Des produits frais, de saison, cuisinés avec raffinement. Menus de 16 à 28 €. Fermé dimanche et lundi.

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Le jardin de Marie (18) La générosité pour philosophie

« Avec la vue que nous avons, il me semblait naturel de concevoir mon jardin à l’anglaise, très naturel, en incluant le paysage vallonné dans la composition. » 

Marie est une incorrigible enthousiaste pourvu qu’elle soit dans un jardin. Le sien a de multiples visages qui s’ouvrent sur le paysage vallonné : potager « campagne », jardin blanc so british, allée de graminées aérienne… Cette enfant du sud est tombée sous le charme de cette  ferme, au cœur de la campagne berrichonne… Ce sont 2 hectares de terrain et surtout une « page vierge à aménager » qui ont séduit Marie. Véritable novice, elle se plonge dans les magazines et les livres. Pendant quelques années tout ce qu’elle lit parle de jardins, de plantes, de botanique. Elle suit des cours à l’école du Breuil, au jardin du Luxembourg et à l’école du paysage de Versailles. Elle aménage progressivement son jardin qui entoure les bâtiments. Derrière la maison, face au panorama vallonné du Berry, le terrain en pente a été façonné en terrasses bordées de murets de pierres sèches. Son potager, nourricier et décoratif à la fois, jouxte la grange qui lui sert maintenant de boutique. Parisienne jusqu’alors, il y a une dizaine d’années, elle décide de s’établir à plein temps auprès de son jardin. Et elle en ouvre les allées et les plates-bandes aux visiteurs. Profitez-en !

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C’est où

A Neuilly en Sancerre (18250), Chemin de l’Avoinerie. Tél. : +33 (0)6 71 21 26 60. www.lejardindemarie.com . A environ 2 heures au sud de Paris, à proximité des vignobles de Sancerre, à 15 km de Sancerre (18300). Ouvert de la fin avril au début octobre, tous les après-midi de 14 h 30 à 18 h 30.

En voiture : à partir de Paris, A6 direction Lyon, puis A77 direction Nevers, sortie 24, direction Sancerre, puis, Bourges

En train : Cosne Cour sur Loire (58200), à 25 km, est la gare la plus proche.

Pourquoi y aller ?

La philosophie 100 % nature de Marie : « La terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre… » C’est avec ses mots d’un chef amérindien que Marie introduit sa philosophie du jardin. C’est sa responsabilité de protéger et de respecter sa terre. En son jardin, tous doivent se sentir bien : la faune sauvage, ses chats et tous les visiteurs qui le parcourent. Nichoirs, mangeoires, points d’eau divers, hôtel à insectes, lieux d’accueil de la faune sauvage, jalonnent le jardin. Tous doivent s’y sentir bien : la faune sauvage, ses chats et, vous, le visiteur.

« Je n’ai pas le temps de traiter alors je laisse la nature faire et je compte sur la biodiversité. »

Le mariage réussi du panorama et du jardin : En accord avec ses principes, plus le jardin est ouvert sur le paysage comme derrière la maison, plus elle y cultive des plantes aux allures naturelles comme le grand massif des viburnums ou l’espace verger, face au panorama.

Le potager cultivé dans « un esprit permaculture » comme elle dit. Elle ne retourne pas la terre et maintient une couverture de paille tout l’été. Fleurs et légumes se mélangent dans les carrés pour un maximum de biodiversité ; Il n’y a pas mieux pour éviter les gros dégâts des parasites ou des maladies.

Ce que l’on préfère

– Les parfums de la roseraie (plus de 500 variétés) : elle s’organise autour d’une tonnelle au dessin insolite. Des rosiers arbustifs et buisson agrémentent le reste de l’espace. Des fauteuils de bois rouge vous invitent à la pause dans cet univers romantique.

– La modernité du jardin zen entouré de graminées et du jardin des Cucurbitacées, au top dès septembre. Potiron, potimarron et autres courges alambiquées s’échappent des carrés bordés de bois, bien alignés, pour courir sur le sol de graviers clairs. Des bidons métalliques de récup’, peints en orange à l’unisson des potirons, débordent de fleurettes. 

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Prolonger la visite…

Marie propose 3 chambres d’hôtes aux amoureux des jardins qui auraient envie de prolonger le plaisir de la visite, d’y découvrir la beauté du coucher de soleil ou la douce lumière du matin qui fait briller la rosée sur les blondes graminées. A partir de 80 € la nuit avec petit déjeuner pour 2 personnes. www.leschambresdujardindemarie.com

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Arboretum du vallon de l’Aubonne (Suisse – canton de Vaud) : Un lieu de savoir en toute simplicité

L’arboretum du vallon d’Aubonne a 50 ans cette année. Traversé du nord au sud par l’Aubonne aux allures de torrent à certains endroits, il présente une collection de plus de 3000 espèces et variétés d’arbres et arbustes de toutes les régions tempérées du globe.

C’était au départ un grand domaine agricole d’environ 200 ha, avec plusieurs fermes dont certaines ont été conservées. L’arboretum occupe aujourd’hui près de 130 ha. L’eau s’y invite partout : du tumulte des cascades sur l’Aubonne à la sérénité des étangs et lacs. Les pentes du vallon permettent de profiter de divers microclimats facilitant les acclimatations, selon les orientations et les altitudes (de 500 à 670 m).

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C’est à la fois un lieu de conservation et d’observation des diverses espèces d’arbres et d’arbustes, un lieu de promenade en famille (des tables de pique-nique et des barbecues sommaires sont disséminés un peu partout), un lieu d’émerveillement devant les beautés des arbres du monde entier et de sensibilisation à la biodiversité et sa préservation. Une association de mécènes et bénévoles complètent la petite équipe chargée de gérer l’arborétum. Son Musée du bois rassemble également 1500 objets en bois ou liés au travail du bois.

Pour le cinquantenaire de l’arboretum, des grandes photos anciennes jalonnent les divers parcours, montrant les paysages tels qu’ils étaient il y a 50 ans. Une exposition de sculptures contemporaines (Art’boretum) anime également les chemins sur le thème des « arborescences ».

C’est où

A proximité d’Aubonne, dans le canton de Vaud en Suisse entre Lausanne et Genève. Chemin du Plan, 92, Aubonne (CH-1170). Tél. : +41 (0)21 808 51 83. www.arboretum.ch

En voiture : via l’autoroute A1, sortie n°14 (Aubonne, Allaman, Gimel), direction Aubonne, puis suivre les panneaux de l’arboretum.

En transports en commun (le réseau est bien développé en Suisse) : gare d’Allaman, puis bus postal jusqu’à Aubonne, Montherod ou Saint-Livres, puis 1 heure de marche à pied.

Entrée gratuite. Ouvert toute l’année. Possibilité de visites guidées sur rendez-vous en groupe, d’avril à octobre.

Pourquoi y aller ?

Pour découvrir des arbres et arbustes du monde entier dans un cadre bucolique ; pour faire une balade en forêt et s’initier à la botanique, aux divers métiers du bois et de la forêt… ; se détendre dans un lieu zen !

Pour son parcours accessible aux personnes à mobilité réduite : le sentier du plan.

Ce que l’on préfère

Les parcours thématiques (entre 1 et 3 km), bien balisés par un marquage de couleur qui permettent de visiter l’arboretum avec des optiques différentes : découvrir des variétés fruitières anciennes, typiquement suisses comme la poire à rissoles, la pomme miel ou la pêche ‘belle des Croix Rouges’, dans les vergers du Crépon ; s’immerger dans une forêt japonaise et s’émerveiller devant les 200 espèces d’églantiers en fleurs du sentier du Bois Guyot ; Suivre le sentier de la Vaulx pour admirer les viornes, les arbres de Judée et les arbres aux mouchoirs en fleurs…

Les circuits ludiques adaptés aux plus jeunes (6 à 14 ans) : le parcours sylviculture (plus de 9 km) pour découvrir la forêt, son entretien, les métiers liés aux arbres et au bois ; le rallye de Fred le castor (2,8 km), initiation aux habitants de la forêt ; le sentier du bois mort (900 m), montrant l’évolution du bois une fois l’arbre mort.

Leur livret pédagogique à la main, ils ne rechignent pas à marcher à l’affût des indices qui leur permettront de résoudre les diverses énigmes.

Prolonger la visite…

Après une journée en pleine nature, rejoignez les bords du lac Léman, à Morges (12 km), pour la soirée, dînez vue sur le lac, au casino, sous sa verrière splendide, à quelques minutes à pied :  place du Casino, 4, 1110 Morges, Suisse. Tél. : +41 (0)21 802 62 15. www.casinomorges.ch.

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Pour séjourner au calme, l’hostellerie Le petit Manoir SA, avenue Ignace – Paderewski, 8, 1110 Morges, Suisse. Tél. : +41 (0)21 804 12 00. www.lepetitmanoir.ch.

Le jardin Retiré (61) Chorégraphie à fleurs de peau

 

A Bagnoles de l’Orne, station thermale normande, tout près du casino, Annie et Laurent ont créé le Jardin Retiré où vous aurez plaisir à vous perdre. Un paradis botanique sur à peine 2500 m2 façonné par une amoureuse des jardins à l’Anglaise.

De la chorégraphie à la mise en scène des fleurs – de ses fleurs ! -, Annie Blanchais a sauté de pas. Fille de la nature, c’est avec bonheur qu’elle a emménagé dans cette maison et son jardin après trois ans de vie parisienne. Elle aime les bois, le chant des oiseaux et la grâce des fleurs. Ecoutez-la raconter comment elle ôte délicatement les fleurs fanées des hampes de campanules pour qu’elles soient toujours parfaites. Vous comprendrez sa folie douce… Tout s’est passé pendant des vacances à Jersey. En y visitant un jardin, elle a « l’illumination » : « c’est un jardin comme cela que je veux ! » Un véritable cri du cœur… Il y a 15 ans de cela. Mais la tâche s’est révélée plus difficile qu’il n’y paraissait. Annie et son mari, Laurent, se sont heurtés à l’écueil de cette roche qui affleure par endroit dans le jardin. Et qui n’est jamais très profonde : il y a à peine 30 cm de terre. Visiteurs, vous êtes la récompense de leurs efforts !

C’est où

A Bagnoles de l’Orne (61140), 14 avenue Robert Cousin, à proximité du Casino et du lac. Tél. : +33 (0)2 33 37 92 04. Ouvert de mi-avril à mi-septembre, les week-ends et jours fériés, le vendredi aussi du 1er mai au 21 août.

En voiture : de Paris, comptez 3h20 via A 10 sortie 7 vers A 28, puis N 12 ; de Rennes, comptez 1h45 via N 157 puis N 162.

En transport en commun : gares les plus proches, Briouze et Argentan, puis service de bus TER  (informations : +33 (0)2 33 37 80 04)

Office de tourisme : Place du marché, 61140 Bagnoles de l’Orne. Tél. : +33 (0)2 33 37 85 66.

Pourquoi y aller ?

Le charme romantique du jardin : très fleuri malgré l’ombre, il est si compartimenté que l’on pourrait si perdre. Ils s’appellent « jardin boudoir », « allée papillon », « parterre palette »… Rien que leur intitulé souligne le style intimiste du lieu.

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La sélection pointue des végétaux : 

  • Arbustes : Cornus (27 variétés) dont les spectaculaires Cornus kousa aux fleurs papillon au printemps ; Erable japonais (25 variétés) ; Hydrangéa (80 variétés) dont le dernier acquis ‘Cap Sizun’ aux pétales comme déchiquetés ; Magnolia (8 variétés) dont Magnolia stellata ‘Rosea’ aux fleurs rosées…
  • Fleurs : Campanule (20 variétés) dont ses préférées  ‘Burghaltii’ au blanc si pur  et la double ‘Bernice’ ; Phlox (30 variétés) ; Persicaire (20 variétés) ; Narcisses (40 variétés)…
  • Grimpantes : Clématite (30 variétés) dont l’étonnante ‘Mrs Robert Brydon’ qui se développe en gros buisson…

Ce que l’on préfère

La passion d’Annie : elle raconte, avec des paillettes dans les yeux, son jardin. Toujours disponible pour qui veut une visite guidée, mais elle ne s’impose pas. Au fil de votre visite, elle ne vous refusera pas un conseil, le nom de telle ou telle variété qui vous a séduit. Que dis-je, le nom ? Vous ne partirez pas sans qu’elle vous prodigue tous les conseils nécessaires pour que la belle qui vous attire réussisse aussi bien chez vous !

Prolonger la visite…

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Annie est le chef d’orchestre d’une charmante fête des plantes « Entre ville et jardin » à Bagnoles de l’Orne qui se déroule tous les ans, le 1er week-end de juin.

Sa bonne adresse à proximité : Pépinières botaniques de Cambremer (Michel Lapierre), 170 route de Rumesnil, 14340 Cambremer. Tél. : +33 (0)2 31 63 02 83 ou +33 (0)6 24 30 47 29.

Pour s’aérer : balades dans la forêt des Andaines toute proche son chêne (Hippolyte) plus que tricentenaire à Saint-Michel-des-Andaines (à 3 km), les Gorges de Villiers à St.-Ouen-le-Brisoult (à 14 km, sentier balisé toute l’année), terre de légendes…

Pour une halte gourmande : Hôtel Ô Gayot, situé en centre-ville, 2 avenue de la Ferté Macé. Tél. : +33 (0)2 33 38 44 01 ou +33 (0)2 33 38 47 71. Chambre double à partir de 65 €. Une très bonne table également (menus à partir de 18 €) et cave – épicerie gastronomique.

Pour un week-end de charme : le Manoir du Lys, dans la forêt d’Andaines, route de Juvigny, la Croix Gauthier, 61140 Bagnoles de l’Orne. Tél. : +33 (0)2 33 30 05 80. Chambre double à partir de 145 €. Restaurant 1* Michelin, menu à partir de 49 €.

Jardin d’Albert Kahn (92) Du métro à Kyoto en quelques pas

« Ma nature a de grandes affinités avec la sensibilité des Japonais… » Albert Kahn

Après quelques minutes de métro sur la ligne 10, sortie « Boulogne – Pont de Saint Cloud ». Un grand rond-point. Les voitures passent et repassent, se croisent et se recroisent. La circulation n’arrête pas. Nous sommes à Boulogne – Billancourt (92), à proximité des quais de Seine. Une fois entrés dans les jardins d’Albert Kahn, oubliés la circulation, la pollution et le bruit ! Le jardin d’Albert Kahn est le reflet de sa philosophie. Il a mis près de 15 ans à aménager ces près de 4 hectares qui entoure son hôtel particulier à Boulogne-Billancourt. Il en fait un jardin typique du XIXe siècle dit « jardin de scènes », ici tout en contrastes. Cette succession d’ambiances très diverses est le reflet de son credo « la paix universelle par la connaissance des autres ». Le « jardin japonais » côtoie la « forêt vosgienne ». La rigueur du « jardin à la Française » voisine avec le joyeux fouillis du « jardin anglais ». Visiter son jardin, c’est s’imprégner de son univers intime ! Après avoir traversé le nouveau bâtiment à l’architecteur « origami », nous suivons la ligne de vie du jardin japonais. L’eau jaillit d’une étrange construction conique faite de galets. C’est la naissance. Elle s’écoule ensuite joyeuse, rebondit sur les pierres, symbolisant la fougue de l’adolescence. Elle s’élargit en bassin d’eau calme comme la plénitude de la maturité. Elle butte sur des murets de galets, les aléas de la vie…

Poussez au-delà du jardin japonais, vous serez surpris par la rigueur sophistiquée du jardin français, rassemblant rosiers et arbres fruitiers de toutes formes. Le lieu est d’un charme fou d’avril à juin avec les floraisons des arbres fruitiers et des roses. Le jardin anglais représente une campagne idéale particulièrement spectaculaire à l’automne quand tilleuls, ginkgos, érables et bouleaux se parent d’or. Terminons la visite vers l’endroit le plus insolite, la forêt vosgienne et son espace 100 % nature où se ressourcer.

C’est où

A Boulogne-Billancourt, 10-14 rue du port, 92100 Boulogne – Billancourt. Tél. : +33 (0)1 55 19 28 00. www.albert-kahn.hauts-de-seine.net.

Pendant la durée des travaux de rénovation du musée (fin prévue en 2020), l’accès des visiteurs se situe au 1, rue des abondantes. Visites guidées uniquement avec inscriptions préalable par téléphone ou mail (accueilmak@hauts-de-seine.fr)

Ouvert du mardi au dimanche, de 11 à 18 (octobre à avril) ou 19 (mai à septembre) h

La voiture est déconseillée. Il n’y a pas de parking public à proximité. Préférez les transports en commun.

En métro : ligne 10, terminus de la ligne, station « Boulogne – Pont de Saint Cloud », 5 mn à pied.

En bus : lignes 52, 72, 126, 160, 460, 467, arrêt « Rhin et Danube », 5 mn à pied.

En tramway : ligne T2, arrêt « Parc de Saint Cloud », 15 mn à pied en traversant le pont.

Pourquoi y aller ?

Pour le dépaysement : à peine poussée la porte, on y oublie la ville environnante. Dans tout le jardin résonne le clapotis de l’eau effaçant le va et vient de la circulation sur le quai de Seine tout proche. Un rideau de bambou gomme les immeubles alentour. Nous sommes nulle part et pourtant si bien…

Pour le bien-être : Ici, un banc, là un rondin de bois, plus loin une rambarde, sont autant d’invite à la pause méditative en suivant le ballet coloré des carpes Koï. Les pierres plates des chemins, une volée de marches irrégulières rythment la promenade.

Ce que l’on préfère

Le printemps et les cerisiers en fleurs, les azalées du jardin japonais ; les arbres fruitiers en fleurs du jardin français ; les rhododendrons et autres de fleurs de sous-bois de la forêt vosgienne… En fin de printemps, début d’été,  les marguerites, bleuets, coquelicots et ancolies insolites dans la partie la plus sauvage du jardin : le marais. Graminées et fleurs vivaces y sont disposées de façon très naturelle. 

 

 

 

L’automne avec les colorations chaudes des arbres notamment les cerisiers et les érables japonais.

 

 

 

Prolonger la visite…

Albert Kahn est un homme simple et discret jusqu’à être qualifié d’énigmatique. C’est un banquier avisé qui a mis sa fortune au service d’une grande idée : la paix universelle par la connaissance de chacun. Ses « Archives de la Planète » ont financé les voyages de photographes et de cinéastes autour du monde. Aujourd’hui la fondation Albert Kahn possède 72000 autochromes en couleur et 183000 heures de séquences filmées conservées et présentées au public au Musée Albert Kahn. Et si vous voulez jeter un coup d’œil sur le jardin « au temps d’Albert Kahn », il existe plus de 4000 clichés qui retracent la réalisation de ces jardins.

Thoiry ZooSafari (78) Un safari à 45 mn de Paris

Comment passer une journée originale avec deux ados ? Le ZooSafari a reçu l’unanimité des suffrages familiaux. Il fallait essayer cette nouvelle attraction, le camion – brousse, l’innovation des 50 ans du parc !

Eh oui, alors que Paris bouillonnait en mai 68, Paul de la Panousse, propriétaire du château de Thoiry, crée un safari où il voulait « les animaux en liberté et les hommes enfermés dans leur voiture » ! Le succès fut au rendez-vous et le ZooSafari de Thoiry a évolué au fil des ans, intégrant de plus en plus la dimension écologique et la mission de sauvegarde des zoos. Nouveauté de la saison : le parcours en camion – brousse parmi les animaux. Haut sur ses roues, il vous offre un meilleur point de vue sur les animaux. Mais le réel avantage, c’est le conducteur. Un soigneur qui connait les animaux par cœur car il les côtoie tous les jours. Il raconte son quotidien, les mœurs de chaque espèce, des anecdotes du parc… Il n’oublie pas sa mission et nous alerte sur la sauvegarde de telle ou telle espèce. 

 

 

 

C’est où ?

A Thoiry, rue du pavillon de Montreuil. Tél. : +33 (0)1 34 87 40 67. www.thoiry.net. Ouvert tous les jours du 17/02 au 31/12, de 10 à 17 h.

En voiture : à partir de Paris, prendre l’A13 à la Porte d’Auteuil, puis l’A12, puis la N112 (Dreux), sortie Thoiry.

En transport en commun : la gare la plus proche « Montfort l’Amaury Méré », navette à Réserver à l’avance A/R, sur place safari en bus.

Pourquoi y aller ?

Pour voir des animaux d’origine lointaine, d’Afrique et d’Amérique du Nord (loups arctiques, ours et bisons) en semi-liberté avec des points de vue insolite : volière australienne, tunnel des lions, ponton au-dessus des félins…

 

Pour se détendre en famille dans un cadre dépaysant et majestueux : le parc du château comprend un parterre fleuri classique face au château, un parc à l’anglaise avec de vieux arbres dont certains datent de la construction du château et des topiaires animaliers insolites.

Ce que l’on préfère

Ambre (12 ans) et Tristan (15 ans) : le show du lion et de la lionne qui se sont accouplés sous nos yeux, le safari air parc, ensemble de filet pour se promener dans les arbres et avoir un point de vue à couper le souffle sur la plaine africaine et le labyrinthe « jeu de piste », pédagogique et ludique, peuplé d’animaux fantastiques.

 

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Les adultes : la bonne santé des animaux et la démarche de respect de l’environnement qui est présente partout dans le parc. Les indications précises des horaires de nourrissage des animaux afin de les voir en pleine action.

Nous n’avons pas pu tester la tyrolienne qui permet de survoler – en toute sécurité – le parc aux lions car elle ne fonctionne que les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances scolaires d’été (à partir de 13 h).

Prolonger la visite…

Samedi 2 juin :  profitez d’une journée exceptionnelle, la première édition du Happy Thoiry Festival. Le parc est ouvert de 10 h à minuit. Un pique-nique géant est prévu sur les pelouses du château suivi de 2 h 30 de concert réunissant le groupe Arcadian, Amir et Claudio Capéo. Le rendez-vous promet d’être récurrent chaque année ! 

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Jardin exotique d’Eze (06) : Fleurs de cactus

Dès leur découverte, les cactées ont suscité un engouement : leurs formes insolites, leurs physiologies étonnantes, leur adaptation à des conditions de vie quasi intolérables… Devenez amoureux de ces végétaux insolites en visitant un jardin hors du commun.

Pour arriver au jardin exotique d’Eze, il faut traverser le pittoresque village d’Eze. La montée est rude : le piton rocheux d’Eze domine le littoral de ses 429 m. Habité depuis l’âge de pierre, il a connu son heure de gloire au Moyen Âge où les seigneurs d’Eze ont édifié le château féodal dont il ne reste que les ruines. Lors de la guerre de succession espagnole au début du XVIIIème siècle, cette place forte inféodée aux Ducs de Savoie faisait obstacle aux communications entre Villefranche sur Mer et Monaco. Louis XIV a ordonné sa destruction, mais les ruines ont survécu jusqu’à aujourd’hui. A la Belle Epoque, la Côte d’Azur devient lieu de villégiature et le village d’Eze lieu de promenade pour les touristes attirés par l’exceptionnel panorama. Du point le plus haut on voit la côte de l’Italie à Saint-Tropez et par temps clair on peut apercevoir la Corse !

Après la seconde guerre mondiale, le maire de l’époque, André Gianton a l’idée d’y installer une végétation exotique pour augmenter l’attrait touristique. La proximité du jardin exotique de Monaco l’incite à solliciter les compétences du jardinier-chef  Jean Gastaud, à l’initiative des premières plantations de cactées sur le Rocher. Le site est protégé des vents du nord par le plateau de Revère, bénéficie d’une exposition plein sud et d’une déclivité garante d’un bon drainage : l’idéal pour des plantes bien adaptées à la sécheresse comme les cactées et plantes grasses. L’aménagement fut une prouesse car les pierres, la terre et les plantes furent amenées à dos d’homme, le site étant inaccessible à un engin motorisé.

C’est où

A Eze village (pas Eze bord de mer), à 11 km de Nice et 7 km de Monaco, sur la Moyenne Corniche. Parking payant à l’entrée du village au pied du rocher. Ouvert tous les jours de 9 h à 16 h 30, 18 h 30 ou 19 h 30 selon la saison.

Complétez votre visite au pays des cactées et autres succulentes par :

– Une visite au Jardin  exotique de Monaco, 62 bd du Jardin exotique, Monaco (Tél. : +377 93 15 29 80), ouvert toute l’année (sauf les 19/11 et 25/12), de 9 à 17, 18 ou 19 h selon la saison

– Un détour au Parc Phoenix, 405 Promenade des Anglais, à Nice (Tél. : + 33 (0)4 92 29 77 00), qui en possède également une belle collection, ouvert toute l’année de 9 h 30 à 18 ou 19 h selon les saisons.

Pourquoi y aller ?

Depuis 2004, le jardin, toujours géré par la ville d’Eze, s’est modernisé pour rendre les collections plus attractives. Un aménagement en terrasses permet un cheminement facile entre les plantes. Des panneaux thématiques jalonnent le jardin comparant les agaves et les aloès, dévoilant le secret des cactées… Des fiches botaniques sont téléchargeables directement sur le site via des QR codes pour satisfaire votre curiosité sur tel ou tel spécimen. Des endroits pour se détendre et admirer les plantes et le panorama ponctuent la promenade ainsi que les statues poétiques du sculpteur Jean-Philippe Richard. Un nouveau jardin a été aménagé sur le versant nord du rocher, plus ombragé.  Il accueille une collection de plantes méditerranéennes et subtropicales. Une cascade et des brumisations intermittentes offrent, désormais, une fraîcheur bienvenue lors des visites estivales !

Ce que l’on préfère

Cette saison des fleurs au pays des cactées et succulentes, le printemps qui voit leur silhouette austère afficher un brin de fantaisie. Parmi les fleurons de la collection de cactées, citons Trichocereus pasacana, cierge géant qui domine tout le jardin, Opuntia tunicata aux longs aiguillons translucides et Ferocactus pilosus aux épines rouge corail. Et parmi les plantes grasses, les euphorbes, dont Euphorbia coerulescens, les aloès, dont le monumental Aloe marlothii, et les agaves,  dont Agave salmania var. ferox, sont les familles les plus représentées.

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Pour faire une pause

Arrêtez-vous à la porte du jardin, un peu sur la droite en sortant la Taverne d’Antan et sa terrasse ombragée. Cuisine italienne. Plat à partir de 15 €, pizza à partir de 12 €. 6 rue Plane. Tél. : +33 (0)4 92 10 79 61.

Amoureux du site, offrez-vous une folie en amoureux à la Suite du Village, une chambre d’hôtes de charme sur le rocher d’Eze. A pousser la porte de ce lieu et se soustraire en un instant à la foule des touristes, on se sent privilégié. 8 rue Burnou. De 190 à 240 € selon les saisons. Tél. : +33 (0)4 93 41 13 68 ou +33 (0)6 22 33 15 42.

Pour dominer la situation, l’hôtel Hermitage Art vous propose un séjour dans un jardin luxuriant sur les hauteurs qui dominent le rocher d’Eze. Belle vue sur la côte. 1951 avenue des Diables Bleus, à Eze Village. Chambre pour 2 pers. à partir de 80 €. Tél. : +33 (0)4 93 41 00 68.